L’Observatoire National de la Jeunesse ou l’interface entre les jeunes et les différents programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux d’insertion socio-économiques

L’Observatoire National de la Jeunesse ou l’interface entre les jeunes et les différents programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux d’insertion socio-économiques

L’Observatoire National de la Jeunesse ou l’interface entre les jeunes et les différents programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux d’insertion socio-économiques
Par Pierre Armand D. MVEME A., Coordonnateur National ONJ

Monsieur le ministre de la jeunesse et de l’Education Civique,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
Mesdames et Messieurs les partenaires techniques et financiers,
Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé et de la société civile,
Monsieur le Président u Comité d’Organisation du présent Séminaire,
Distingués invités,
Chers participants,
Mes chers Collègues,
Avant toute chose, qu’il me soit permis de remercier M. le Ministre de la Jeunesse et de l’Education Civique pour l’organisation et la tenue de ce séminaire de renforcement de capacités des responsables des services centraux, déconcentrés, rattachés et organismes sous tutelle de son département ministériel en prélude à la mise en œuvre du Plan Triennal « spécial-jeunes ».
L’organisation et la tenue de ce séminaire traduisent comme le martelait le Chef de l’Etat, SE Paul BIYA, le 31 décembre 2016, l’engagement et la détermination du Gouvernement, à « relever les défis pour garantir le progrès social et la prospérité de tous ». Il s’agit ainsi d’assurer un meilleur encadrement aux jeunes, afin de leur permettre de participer de façon déterminante à leur autonomisation.
Mon intervention qui porte sur le thème « L’Observatoire National de la Jeunesse ou l’interface entre les jeunes et les différents programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux d’insertion socio-économique : institutionnalisation et pérennisation » va se décliner en la présentation du contexte de mise sur pied de l’ONJ (I) ; de son cadre réglementaire (II ; en un rappel de la mission et des objectifs qui lui sont assignés(III) et en la présentation succincte de son plan d’action opérationnel pour l’année 2017(IV).
Il convient toutefois pour mieux nous comprendre dans la suite de cet exposé, de commencer par une base définitionnelle de certains concepts qui seront régulièrement utilisés.

QUELQUES DEFINITIONS
Accompagner : c’est servir de guide, de moniteur, d'accompagnateur à quelqu'un ou à un groupe. Aller avec quelqu'un d’un point initial vers l’atteinte d’un objectif escompté.
Conseiller en insertion : c’est un tuteur chargé d’accompagner des personnes dans une démarche de formation, d’entrepreneuriat, d’auto-emploi ou d'emploi salarié. Dans le cadre de l’ONJ, il est un encadreur spécialement formé qui oriente les jeunes; développe avec chacun d’entre eux un projet professionnel et l’accompagne dans le processus d’insertion.
Evaluation : c’est l’appréciation systématique d’une activité, d’un projet, d’un programme, d’une stratégie, d’une politique, ou encore d’un sujet, d’un thème, d’un secteur, d’un domaine opérationnel ou des performances d’une institution. De manière précise, elle porte sur la mesure de la chaîne des résultats (intrants, activités, extrants, effets, impacts) ; ainsi les processus, les facteurs contextuels et les rapports de cause à effet. E somme, l’évaluation vise à déterminer la pertinence, l’impact, l’efficacité, l’efficience et la durabilité des interventions et les contributions de l’intervention aux résultats obtenus.
Evaluation du Potentiel Entrepreneurial : Outil d’aide à la mesure du niveau des capacités du jeune à gérer et à développer les idées d’entreprises.
Guide d’insertion : c’est un manuel destiné à donner des informations pratiques sur les usages et les procédures en matière d’insertion au sein des Programmes et projets.
Guichet : Un terminal ou un comptoir d’opportunités à partir duquel s’opèrent des opérations spécifiques d’accompagnement du jeune en vue de son insertion socio-économique.
Insertion sociale et professionnelle désigne le processus permettant l'intégration d'une personne au sein du système socio-économique par l'appropriation des normes et règles communes de ce système.
Mentor : c’est un conseiller expérimenté, qui dans une relation d’aide, d’échange et de soutien offre gratuitement son expérience pour favoriser le développement des compétences ou des connaissances de la personne encadrée.
Mobilisation : c’est l'action de mobiliser, de mettre en œuvre, de motiver un individu ou un groupe pour agir. Au-delà de la sensibilisation, elle met l’individu ou le groupe en mouvement. Ceux-ci, après la prise de conscience décident d’explorer de nouvelles initiatives dans une perspective de changement une situation.
Monitoring : c’est un ensemble de techniques qui participent au suivi périodique des activités afin de s’assurer de l’atteinte des objectifs escomptés.
Partenaire : c’est une personne, un groupe, une collectivité, un organisme ou une entité avec laquelle on s'associe ou on s'allie pour réaliser une action commune dans une affaire, une entreprise, une négociation ou un projet.
Plateforme numérique : C’est l’ensemble formé du site web de l’Observatoire Nationale de la Jeunesse et de la base de données nominale de jeunes, de partenaires, de programmes et projets et de Conseillers en insertion.
Réarmement moral : c’est un mouvement de refonte des mentalités des membres d’une société ou d’une communauté. Il recherche la transformation des hommes, à travers le changement de comportement et ‘attitude.
Sélection consiste à choisir et retenir un nombre donné de candidats à l’insertion parmi un total de jeunes inscrits. Elle s’opère par un comité désigné en suivant un ensemble des critères objectifs préalablement définis.
Sensibilisation : c’est une opération qui consiste à rendre quelqu'un, un groupe sensible, réceptif à une information pour laquelle il ne manifestait pas d'intérêt. Il est question de rendre sensible, réceptif, attentif, de conscientiser et de susciter la curiosité de la cible.
Test d’orientation professionnelle : démarche consistant à rechercher les intérêts professionnels, les motivations, la personnalité et les disponibilités du jeune en vue de construire son projet professionnel à partir de son profil métier et de son potentiel entrepreneurial.
Suivi : c’est un processus systématique de recueil, d’analyse et d’utilisation des informations visant à déterminer en continu les progrès d’un programme/projet en vue de la réalisation de ses objectifs. Il permet d’éclairer les décisions relatives à leur gestion. Il porte généralement sur les processus, notamment sur le moment et le lieu où se déroulent les activités, les auteurs des activités et le nombre de personnes ou d’entités qui en sont bénéficiaires.

I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
En considérant la jeunesse comme la tranche de la population la plus importante, en terme démographique et la plus active au Cameroun, elle est pour ce pays un atout pour la croissance économique et son émergence à l’horizon 2035. En effet, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de l’année 2005 a permis entre autres, de dégager les grandes tendances de la population camerounaise à travers des indicateurs sur ses caractéristiques et sur sa dynamique. Il permet sur la base des projections, d’estimer les jeunes à plus de sept millions huit cent soixante-dix-sept mille trente-huit jeunes (7 877 038) pour une population globale estimée pour l’année 2015 à vingt-deux millions cent soixante-dix-neuf mille sept cent sept (22 179 707) habitants, soit environ 35.54%. Ledit RGHP en tant qu’ensemble d’indicateurs indispensables pour la planification et le pilotage de la réalisation de nos objectifs nationaux et internationaux de développement conformément aux options de la vision, a permis au Gouvernement de s’engager pour:‘’ une jeunesse bien formée, ouverte à l’extérieur et ancrée dans la culture, exaltant le mérite et l’expertise du Cameroun’’.Au même moment, le taux d’activité des jeunes est évalué à 72 % contre une moyenne nationale pour toute la population de 70,4 % selon les résultats d’une enquête . Cette tendance inclusive du développement sera toutefois freinée par la crise économique des années 90 et la crise financière de 2008.
Pour améliorer cette situation, à la suite des programmes sociaux d’ajustement et autres initiatives conjoncturelles, le Gouvernement a opté en faveur des politiques macro-économiques sectorielles de planification et d’accélération de la croissance. Dans cette perspective, il été élaboré la politique Nationale de la Jeunesse. Elle est un cadrage stratégique d’intervention, de promotion et de participation de la jeunesse à la réalisation de la vision 2035. Le plan Jeunesse et le Conseil National de la Jeunesse qui en ont découlé depuis une dizaine d’années sont avec L’Observatoire National de la Jeunesse, les principaux instruments de mobilisation et d’implication des jeunes à l’atteinte des objectifs d’émergence.
Pour traduire dans les faits la volonté politique ainsi réaffirmée, le Cameroun s’est engagé pour un pilotage rigoureux de son développement avec la formulation de trois objectifs cibles pour la mise en œuvre de la vision et dont la phase 1 est consignée dans le Document de Stratégie de Croissance et de l’Emploi (DSCE). Il s’agit en posant les bases d’une croissance durable, de promouvoir l’amélioration des conditions de vie des populations et une croissance inclusive pour laquelle, la jeunesse devrait permettre au Cameroun de profiter de son dividende démographique, mieux de la jeunesse de sa population. En effet, en situant la population active entre 15 et 64 ans, il ressort que les jeunes représentent 65 % de l’effectif des personnes qui peuvent contribuer à la création des richesses pour eux-mêmes, pour les autres et pour le pays.

La création à travers le Décret N° 2004/320 du 8 décembre 2004 du Ministère de la Jeunesse (MINJEUN) et sa transformation en Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique (MINJEC) dans le cadre du Décret N°2011/408 du 9 décembre 2011 portant organisation du Gouvernement, illustrent bien cette détermination des pouvoirs publics à faire jouer aux jeunes, un rôle prépondérant dans l’émergence du Cameroun.
La mission ajoutée à ce département ministériel est l’élaboration et la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans le domaine de l’éducation civique et de la promotion de l’intégration nationale. Dans ce sens, lors de son discours à la Jeunesse, le 10 février 2013, le Chef de l’Etat, S.E Paul BIYA déclarait : « Je voudrais enfin aborder un sujet qui me tient à cœur et sur lequel j’ai souvent appelé votre attention. Le niveau de moralité de notre jeunesse se dégrade (…) La société apaisée et prospère que nous voulons construire sera minée de l’intérieur si ses avancées ne sont pas accompagnées par un progrès de la moralité publique. »
Dans ce vaste chantier, de nombreuses initiatives sont mises à contribution. Entre autres : le Fonds National de l’Emploi (FNE) ; l’Agence du service Civique National de participation au Développement (ASCNPD) ; le programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et urbaine (PAJER-U) ; le Fonds National d’Insertion des Jeunes (FONIJ) ; l’Observatoire National de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (ONEFOP) ; le Projet Intégré d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel (PIAASI) et dont la plupart des bénéficiaires sont des jeunes.
En effet, le développement de la jeunesse et sa promotion, même s’ils constituent des préoccupations centrales pour le MINJEC sont des questions transversales traitées dans le champ de plusieurs disciplines scientifiques et surtout de plusieurs départements ministériels. A ceux-ci, l’on ajoute les organisations de la société civile, les collectivités territoriales décentralisées et les entreprises du secteur privé. Pour disposer d’un cadre d’action concertée en direction de la Jeunesse, les Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes (CMPJ) ont été créés à l’article 81 du Décret N°2012/565 DU 28 Novembre 2012 portant organisation du MINJEC. Leurs organisation et fonctionnement tels qu’il ressort du Décret N° 1099/2010/PM DU 7 Mai 2010 en fait de véritables structures de convergence de la jeunesse.
Nonobstant ces nombreuses initiatives en faveur de la jeunesse, la lisibilité et la visibilité de leurs actions sont fortement diluées, limitées et ne permettent pas aujourd’hui de mesurer, de planifier et de dire avec exactitude le niveau de contribution de la jeunesse à la croissance économique du Cameroun.
L’une des faiblesses du dispositif gouvernemental actuel réside dans l’absence d’une communication véritablement orientée vers les jeunes avec l’objectif de mieux cerner leurs besoins et de les associer davantage à la construction des programmes et projets qui leur sont destinés et de respecter, de les accompagner à la réalisation de leurs aspirations respectives.
En effet, les politiques développées par le Gouvernement et les actions menées à ce jour en faveur de la jeunesse restent peu visibles et peu efficaces relativement à l’insertion socio-économique des jeunes en l’absence d’un mécanisme de coordination et du fait de leur dispersion à travers différents départements Ministériels, avec quelques fois des chevauchements. De plus, elles sont peu connues par les jeunes, qui en sont pourtant les principaux bénéficiaires.
L’offre à destination des jeunes est donc diluée dans l’offre globale des services publics. Outre cette dispersion et la faiblesse de la communication qui en est faite, les jeunes eux –mêmes ne sont pas toujours bien connus : Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Que veulent-ils ? Quel est leur profil ? Comment perçoivent-ils les mécanismes et les structures mis en place pour leur encadrement ? Quels rôles voulons-nous leur faire jouer ? Comment capitaliser l’offre d’accompagnement des CMPJ et mutualiser les efforts des différents acteurs ?etc. Ces questions et bien d’autres ont débouché sur la nécessité de mettre en place un dispositif qui rapproche l’offre de la demande et qui permette aux jeunes, à travers leur mobilisation, leur orientation et leur encadrement, d’intégrer harmonieusement les circuits d’activités en fonction de leurs besoins et des diverses opportunités qui sont offertes.
En plus de ce rapprochement, cette mise en rapport de l’offre des opportunités en faveur des jeunes et de leur demande tient également au souci de comptabiliser l’efficacité et les impacts des interventions gouvernementales en direction de cette cible.
L’Observatoire national de la jeunesse (ONJ) se présente donc comme ce système de mise en relation et de renforcement de l’efficacité de l’ensemble des intervenants de l’insertion socio-économique de la jeunesse.

II. L’INSTITUTIONNALISATION DE L’ONJ
Pour les sociologues et autres travailleurs sociaux, le terme institutionnalisation est utilisé pour désigner le processus de formalisation, de pérennisation et d'acceptation d'un système de relations sociales. Il s’agit dans le cadre de cet échange, en rapport au rôle de l’ONJ, d’examiner sa démarche de mise en place et d’évaluer sa pertinence et son ancrage en tant qu’interface entre les jeunes et leurs encadreurs.

II.1. Le processus de mise en place
La mise en place de l’ONJ relève d’un état des lieux sur les actions de promotion socio-économique de la jeunesse et d’un ancrage institutionnel fondé sur la prescription par le Chef de l’Etat, S.E Paul BIYA de la mise en place, d’un plan Triennal Spécial-Jeunes.
a) Les données de l’état des lieux
Le diagnostic de la situation de l’insertion socio-économique des jeunes à travers divers programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux réalisé au niveau du MINJEC, courant 2015 a permis de relever un écart considérable entre les ressources investies dans l’accompagnement de la jeunesse et les résultats obtenus, notamment pour ce qui est de l’insertion socioprofessionnelle et de la moralité publique. Le chômage, la précarité et la déliquescence éthique continue sont apparues comme les principales caractéristiques de la jeunesse. Par ailleurs, il a été relevé la nécessité d’améliorer le fonctionnement des structures existantes, telles le CNJC, les CMPJ, le Centre National d’Education Populaire et Civique (CNEPCI)… et de parachever la mise en place des institutions prévues au plan stratégique, parmi lesquelles, l’Observatoire National de la Jeunesse qui a été présenté comme un chaînon manquant pour plus d’efficacité des structures d’encadrement de la jeunesse.
b) L’approche adoptée
En considérant le développement et la mise en place de l’ONJ comme une démarche d’introduction d’une innovation, une option a été prise en faveur de l’approche participative.
Dans cette perspective, plusieurs acteurs et en particulier, les jeunes réunis ou non dans le cadre du CNJC ont été consultés pour la définition de la mission spécifique de l’ONJ, la détermination de ses objectifs, la fixation de ses résultats ainsi le cadre de leur implication satisfaisante à la mise en œuvre des actions de l’ONJ. En guise de rappel, lors des échanges sur la stratégie d’intervention du PTS-Jeunes, tous les participants se sont accordés sur la nécessité et la pertinence de l’ONJ. C’est ainsi qu’il a été accepté de créer une structure et de mettre en cohérence l’ensemble des interventions en particulier pour ce qui est de la mobilisation des jeunes.

II.2. L’ancrage institutionnel de l’ONJ
L’ancrage institutionnel de l’ONJ renvoie à l’ensemble des démarches d’établissement des zones de convergence et/ou de divergence entre ladite structure et les autres instruments de promotion socio-économique de la jeunesse. Il a permis de déterminer la structure d’accueil, le cadre réglementaire et organique.
a) La structure d’accueil
Entendue comme structure de convergence des populations et des acteurs de l’accompagnement de la jeunesse, le CMPJ par sa gamme d’activités variées et l’expertise que l’on y retrouve en permanence s’est avéré le cadre idoine de mise en œuvre de l’ONJ. Sans toutefois, revenir entièrement sur le contenu du Décret portant organisation et fonctionnement des CMPJ, il convient de rappeler qu’ils ont pour mission l’encadrement et l’accompagnement extra-scolaires de la jeunesse en vue de son épanouissement.
En effet, selon les termes du Décret 1099/2010/PM DU 7 MAI 2010, les CMPJ ont pour objectif général, de promouvoir la jeunesse, et pour objectifs spécifiques de :
 Offrir des dispositifs adéquats d’activités socio-éducatives, socioculturelles, sportives, socio-économiques et socioprofessionnelle en faveur de la jeunesse ;
 entretenir un partenariat dynamique entre les jeunes et les promoteurs de projets en leur faveur ;
 assurer l’appui méthodologique, la planification et la réalisation du développement local et communautaire par et pour les jeunes ;
 accueillir sans discrimination aucune, les jeunes, individuellement ou en groupes organisés, diplômés ou non, soit en quête de formation ou d’information, soit disposant d’une expertise à offrir.
Sur la base de cette ouverture à plusieurs structures, de leur gamme variée d’activités et de l’expertise dont ils disposent, il a été choisi de faire des CMPJ, des unités opérationnelles de l’ONJ.
b) Le cadre réglementaire et organique.
Eu égard aux données du processus de création et de localisation de l’ONJ, la décision N°009/2010/D/MINJEC/CAB DU 23 FEVRIER du Ministre de la Jeunesse et de l’Education Civique porte création, organisation et fonctionnement du projet de mise en œuvre d’un Observatoire National de la Jeunesse eu sein des Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes. La Décision N° 015/2016/D/MINJEC/CAB DU 29 FEVRIER 2016 en désigne un Coordonnateur National.
A la faveur de la Décision n°058-2016/D/MINJEC/CAB du 03 Aout 2016, trois chefs de départements, un chef de service de l’Administration générale, des chargés d’études, et une secrétaire. La même décision en désigne un assistant technique, chargé de la maitrise d’œuvre.
Pour mener à bien cette mission, les chefs d’unités et les responsables de la coordination sont aidés par les conseillers en insertion désignés en la faveur de la décision n°07-2016/D/MINJEC/CAB du 21 Octobre 2106.
Aux termes de ces décisions, outre la précision de la mission de l’ONJ ainsi que ses objectifs et activités, son cadre organique a été précisé. Il comprend trois principales instances dont :
- un comité de pilotage
- une coordination nationale
- des unités régionales, départementales et d’arrondissements.
La figure ci-dessous permet de positionner chacune desdites structures dans le pilotage, l’administration et la production des résultats de l’ONJ. (Insérer l’organigramme du projet).

III. MISSION, OBJECTIFS ET RESULTATS ATTENDUS
Préciser la mission de l’ONJ, c’est dire ce qu’il est, ce que l’on y fait, et dans quel sens sont orientés ses outils de planification. Il s’agit ainsi d’en préciser de façon précise, les objectifs poursuivis. Il s’agira aussi de préciser les résultats attendus relativement au Plan Triennal « Spécial-Jeunes ».
3.1 . Mission
L’article 2 de la décision portant création, organisation et fonctionnement de l’Observatoire, fait de cette structure, une plateforme de cartographie, de mobilisation et d’accompagnement des jeunes vers des guichets appropriés à leurs besoins. De ce fait, il a pour mission la facilitation de l’accès des jeunes aux institutions et aux programmes/projets dont l’action aurait une incidence sur leur éducation civique, leur insertion sociale et leur promotion économique.
3.2. Objectifs
a) objectif général
L’Observatoire a pour objectif principal d’organiser la rencontre entre les demandes des jeunes en matière de formation civique, d’insertion sociale et de promotion économique et les offres proposées par les programmes gouvernementaux et non gouvernementaux. Par ailleurs, il oriente les jeunes vers les programmes et projets en fonction des opportunités qu’ils offrent et en respect des textes qui les régissent.
b) objectifs spécifiques
L’objectif général se décline en objectifs spécifiques suivants :
 constituer une base des données nominales des jeunes et des projets gouvernementaux et non gouvernementaux à eux dédiés
 assurer l’intermédiation entre les jeunes d’une part et d’autre part, l’ensemble des programmes gouvernementaux, publics ou privés en leur faveur;
 promouvoir le statut de la jeunesse à travers l’institutionnalisation d’une carte jeune;
 identifier les perspectives en termes de promotion de la jeunesse et inscrire les préoccupations des jeunes dans les documents stratégiques de pilotage du développement
 rapporter l’ensemble des actions du Gouvernement sur l’éducation civique, l’insertion sociale et la promotion économique des jeunes.
A travers ces objectifs, l’Observatoire national de la jeunesse reste un dispositif de mobilisation des jeunes et d’intermédiation entre la demande des jeunes et l’offre des services en leur faveur, sur la base d’une cartographie de leurs aspirations réelles et de l’inventaire des projets gouvernementaux et non gouvernementaux à eux dédiés.
3.3. Résultats attendus et activités àmener
a) Les résultats attendus
L’effectivité, l’efficacité et la pérennité de l’Observatoire seront traduites par la réalisation des performances qui en sont attendues, notamment :
 500 000 jeunes sensibilisés, mobilisés et orientés vers des guichets correspondant à leurs besoins chaque année en raison d’une moyenne comprise entre 1 000 et 1 700 jeunes par commune ;
 - Une base des données nominales des jeunes et des projets gouvernementaux et non gouvernementaux dédiés aux jeunes est mise en place et fonctionnelle;
 Un mécanisme d’intermédiation entre les jeunes d’une part et d’autre part, l’ensemble des programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux est mis en place et fonctionnel ;
 Un dispositif de promotion du statut de la jeunesse est effectif et efficace à travers la délivrance de la carte jeune ;
 Un cadre de promotion d’emplois locaux en partenariat avec les CTD et autres structures est effectif ;
 Un système de reporting semestriel de l’ensemble des actions du Gouvernement sur l’éducation civique, l’intégration nationale, l’insertion sociale et la promotion économique des jeunes intégrant les éléments d’analyse statistique et de prospective est opérationnel.

b) les activités
Pour atteindre les objectifs fixés et produire les résultats escomptés, les activités menées sont :
- L’information et de la sensibilisation des jeunes ;
- L’accueil des jeunes, leur écoute leur information et leur orientation vers des guichets appropriés à leurs besoins ;
- La constitution et l’actualisation de la base de données nominales des jeunes et des projets gouvernementaux et non gouvernementaux qui leur sont destinés ;
- Le suivi des jeunes dès leur inscription jusqu’à leur installation et autonomisation ;
- L’intermédiation entre les jeunes d’une part et d’autre part, l’ensemble des programmes gouvernementaux et non gouvernementaux dont l’action pourrait avoir une incidence sur l’insertion sociale et la promotion économique des jeunes ;
- La promotion des actions ponctuelles liées à l’insertion sociale et à la promotion économique des jeunes ;
- La facilitation du retour et de l’insertion des jeunes camerounais de la diaspora ;
- Le reporting de l’ensemble des actions d’éducation civique, d’intégration nationale, d’insertion sociale et de promotion économique des jeunes intégrant les éléments d’analyse statistique et de prospective.
L’alinéa (2) de l’article 2 dispose que pour le compte des programmes et projets du MINJEC, l’Observatoire explore les partenariats avec d’autres programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux dans les domaines d’action de sa mission. Il assiste les programmes et projets du MINJEC à la signature et à l’exécution des conventions y relatives.

4. LA STRATEGIE ET LE PROCESSUS D’INTERVENTION
A partir de l’approche intégrée et intégrale de l’accompagnement de la jeunesse, la stratégie d’intervention à travers l’ONJ se veut inclusive, dynamique et souple. Elle se fait en intelligence avec plusieurs autres intervenants qui restent chacun dans sa sphère de compétence spécifique. Elle se résume en six étapes et consiste en un système de production des résultats précis.
I.V.1. Le Processus d’intervention
Le processus d’intervention de l’ONJ intègre l’ensemble des missions liées à la promotion socio-économique des jeunes, du volontariat, de réarmement moral et repose sur six principales étapes consécutives.
1. la mobilisation du jeune;
2. son réarmement moral;
3. son référencement aux structures techniques en fonctions des besoins spécifiques;
4. le renforcement de ses capacités;
5. le financement de l’installation du jeune en emploi salarié ou en emplois-indépendants;
6. le suivi et l’évaluation de la démarche.
De façon schématique, la stratégie d’intervention de l’ONJ se présente ainsi qu’il suit.
SCHEMA 1 :Vue synoptique du mécanisme d’insertion socio-économique des jeunes

IV.2. La méthodologie d’intervention
La méthodologie d’intervention de l’Observatoire est portée vers l’accomplissement de deux principales missions dont la mobilisation des jeunes et l’intermédiation en leur faveur.
a) la mobilisation
Elle consiste à un ensemble de tâches d'information, de sensibilisation, d’orientation en faveur des jeunes, en fonction de leurs aspirations, en vue de leur insertion socio-économique à travers des guichets appropriés. Elle est réalisée soit dans les structures opérationnelles de l’ONJ que sont les différents CMPJ, soit à partir de la plateforme numérique de l’ONJ. Elle repose sur :
- une phase d’information et de sensibilisation ;
- une phase d’accueil, d’enregistrement et d’orientation ;
- une phase de suivi, de reporting et de promotion.
L’inscription du jeune est l’opération qui consiste à consigner son nom sur un fichier, une matrice ou un registre en vue de la construction ou de l’élaboration d’une cartographie nominale globale des aspirations des jeunes. Elle permet de compter le jeune comme un élément de la base de données de l’ONJ et donne droit à un numéro ou identifiant. Elle se fait au sein des CMPJ ou des services spécialement réservés, en présentiel ou en ligne dans la plateforme numérique, à l’adresse : www.onjcameroun.cm.
La phase d’accueil, d’enregistrement et d’orientation est le moment de construction des parcours socioprofessionnels et de la délivrance d’un projet d’insertion socioprofessionnel pour chacun des jeunes inscrits à l’ONJ. Le projet d’insertion socioprofessionnelle est le produit de la démarche d’orientation du jeune. Il s’agit d’un document gratuit et dont le modèle est disponible en ligne ou sur papier remis au jeune à l’issue de son processus d’orientation. Il permet sur la base de son test d’orientation de construire un profil initial ; un profil final et un parcours métier conformes aux aspirations du jeune.
Les étapes de construction du projet d’insertion socioprofessionnelle du jeune sont :
- l’écoute ;
- l’évaluation du potentiel entrepreneuriale ;
- le test d’orientation ;
- détermination des axesprioritaires du projet professionnel.
Dans un cas comme dans l’autre, l’inscription du jeune est validée par le Chef de l’Unité territorialement compétent. Le jeune est ensuite affecté à un Conseiller en insertion. Les détails de manipulation et d’exploitation de la plateforme numérique seront présentés par l’Assistant Technique.
Après l’orientation du jeune, l’Observatoire se charge de suivre son parcours auprès du guichet vers lequel il a été référencé de manière à disposer d’une information pertinente sur le sort réservé à chaque jeune qui intègre toutes les opportunités offertes par le Gouvernement et les autres partenaires.
Cela constitue le début de la phase de suivi et débouche sur le reporting des résultats et autres données statistiques produites sur les questions de jeunesse.
b) L’Intermédiation
L’intermédiation consiste à organiser la rencontre entre les demandes des jeunes en matière de formation, d’éducation civique, d’intégration nationale et d’insertion socio-économique et les partenaires susceptibles de répondre à ces aspirations et besoins des jeunes en fonction de leurs opportunités.
Cette action a pour but :
- d’aider les jeunes à leur épanouissement, leur autonomie
- de leur permettre de contribuer efficacement et pleinement à la croissance et au développement économique du Cameroun.
Elle commence dès l’enregistrement du jeune à l’ONJ et se poursuit au cours de l’élaboration de son projet d’insertion socioprofessionnelle jusqu’à sa sortie de la cible de l’Observatoire.
L’on y décèle l’intermédiation pré-insertion et l’intermédiation post-insertion. Les Chefs d’Antenne de l’ONJ et les conseillers en insertion doivent faire preuve de fortes capacités de négociation.

5. PLAN D’ACTION OPERATIONNEL DE 2017 ET CONTRAINTES.
Le plan d’action 2017 de l’ONJ s’inscrit dans la dynamique globale de mise en œuvre du Plan Triennal « Spécial-jeunes ». Il s’appuie sur l’environnement et le contexte de mise en œuvre du projet et procèdera de l’anticipation sur les contraintes.
V.1. Le Plan d’action
Le plan d’action 2017 de l’Observatoire se veut essentiellement opérationnel et découle de l’objectif cible de l’exercice en cours formulé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, lors de la présentation au parlement du Programme économique, financier, culturel et social du Gouvernement pour l’exercice 2017. Ledit programme en prescrivant au Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique, la mise en œuvre du Plan Triennal « Spécial-jeunes », recommande à l’Observatoire National de la Jeunesse (ONJ), la mobilisation de cinq cent mille (500 000) jeunes.
Eu égard à ce qui précède, l’objectif cible de l’ONJ est de mobiliser 500 mille au 30 Novembre 2017. En termes d’objectifs spécifiques, il s’agira de :
- Référencer 2000 jeunes de la diaspora au Programme d’Aide au Retour et à l’Installation des jeunes de la Diaspora (PARIJEDI);
- Faciliter le réarmement moral de 500 mille jeunes ;
- Référencer 18000 jeunes au PAJER-U ;
- Délivrer 500 000 cartes jeunes aux cibles mobilisées ;
- Assurer le financement de 4000 jeunes à travers le FONIJ ;
- Assurer l’installation de 250 jeunes incubés dans les CMPJ ;
- Un système de reporting semestriel d’ensemble des actions du Gouvernement sur l’éducation civique, l’intégration nationale, l’insertion sociale et la promotion économique des jeunes intégrant les éléments d’analyse statistique et de prospective est opérationnel.
Les objectifs par régions, départements et arrondissements en termes de mobilisation sont présentés dans le tableau ci-dessous.

V.2. Forces et Contraintes

a) les forces
 positionnement stratégique sur le terrain avec le maillage du territoire national par les unités opérationnelles ;
 expertise accumulée à travers la mise en œuvre de certains projets, tels: le PNA, le PIFMAS, le PIAASI… ;
 mise en place des pépinières d’entreprises dans les CMPJ;
 formation des Conseillers mentors pour faciliter les démarches d’autonomisation des jeunes;
 volonté politique manifeste du Ministre en charge de la Jeunesse pour le déploiement satisfaisant de l’ONJ ;
 inscription du déploiement de l’ONJ dans le Plan Triennal ‘’Spécial Jeunes’’

c) Les contraintes
En dehors des forces ci- dessus présentées, la mise en œuvre de l’ONJ rencontre certaines contraintes, notamment :
 insuffisance de la ressource technique d’encadrement
 faible adhésion des jeunes à l’esprit et aux objectifs de l’ONJ
 faible implication des personnels du MINJEC à sa mise en place
 appropriation approximative de l’ONJ par les destinataires et l’ensemble des partenaires
 insuffisance des ressources financières
 insuffisance des ressources matérielles.

CONCLUSION :
Plus qu’un projet, l’ONJ est une opportunité pour le Gouvernement de maitriser l’intervention à destination des jeunes et d’obtenir une plus grande implication de la Jeunesse à la croissance économique du Cameroun et à l’atteinte de l’objectif d’émergence en 2035. Il est un instrument stratégique de facilitation de l’insertion socio-économique des jeunes et de mise en œuvre du Plan Triennal « Spécial-jeunes ».

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